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La pêche du sandre au heavy drop shot

Lors de notre session de pêche, la Seine est en crue et nous allons vous présenter une technique assez peu connue et pourtant terriblement adaptée à ces conditions, car elle permet de présenter un leurre décollé du fond et de pêcher des postes très précis en limitant les accrochages. Le but de cette technique de pêche, appelée heavy drop shot, est de capturer de gros sandres actifs !

Le drop shot est à la base une technique japonaise. Ce terme anglais se traduit par « coup de feu » car cette appellation aurait pour origine la violence de l’attaque ! En effet, le leurre n’est pas plombé alors, lorsque le poisson l’aspire, il l’engame profondément. Généralement, de petits leurres sont utilisés pour cette technique souvent choisie pour la perche ou le black-bass. Mais pour viser de plus gros sandres, voire du très gros poisson, le terme anglais « heavy » (lourd) définissant surtout la taille du leurre, le pêcheur doit mettre en action des leurres plus conséquents que d’habitude. Nous sortons différentes pochettes de leurres de notre sac et, effectivement, ce ne sont pas les tailles standards des pêcheurs de sandre. En fleuve, il y a de très beaux spécimens surtout en période de crue et, pour les décider, il ne faut pas hésiter à choisir des tailles imposantes. Vous ferez donc votre choix parmi des leurres entre 6 et 10 pouces, soit entre 12,4 cm et 21 cm. Ce qui ne fait pas peur à un sandre qui frise le mètre, bien au contraire !

Les leurres effilés de bonne taille sont conseillés.
Crédit photo : Erwan Balança

Côté montage

Le montage est terminé par un plomb et, quelques dizaines de centimètres plus haut, l’hameçon texan est directement monté sur le corps de ligne. Ce montage permet de présenter un gros leurre sans qu’il soit lesté : il descend alors tout doucement, ce qui fait craquer les plus beaux sandres. Ce montage permet aussi de pêcher des postes très encombrés avec très peu d’accrochages. Et si on utilise un plomb spécialement prévu pour cette technique, on ne perd généralement que le plomb. On peut ainsi pêcher des postes qu’il aurait été impossible de pêcher avec un montage classique. Le mieux est de positionner le bateau à une trentaine de mètres du bord. Comme la Seine est en crue, les eaux sont chargées. Les sandres n’aiment pas avoir de particules dans les branchies, alors ils viennent se mettre à l’abri sur les bordures, de préférence dans les obstacles. Il faut essayer de deviner la topographie du fond en fonction des infos que nous donne la berge. Ce n’est pas toujours simple d’imaginer ce qu’il se passe sous l’eau et de trouver les postes.

Gros plan sur la fixation spécifique et mobile du leurre.
Crédit photo : Erwan Balança

Souvent très près du bord

Inutile de lancer à longue distance. Le bon spot n’est qu’à quelques mètres du bord, parfois même à quelques dizaines de centimètres de la berge. Il y a peu d’eau, la profondeur varie entre soixante centimètres et un bon mètre. Mais ce n’est pas le tout de trouver les tenues des poissons, encore faut-il être capable de pêcher avec précision. Toute la subtilité consiste à lancer sur ces postes précis. Plus facile à dire qu’à faire. À ce petit jeu, c’est avant tout la précision du geste qui fait la différence et surtout la dextérité du pêcheur. Mais avec un peu d’habitude, on y arrive facilement ! Nous lançons et prenons contact avec le fond, ce n’est pas le leurre qui se pose mais le plomb. Le leurre ondule sur place à quelques centimètres plus haut. Cette animation est idéale pour les gros spécimens, car ils sont généralement assez fainéants et ne vont pas se lancer à la poursuite d’un leurre. Ils se laisseront plutôt tenter par cette bouchée stationnaire. Il faut garder la bannière légèrement tendue et, après une dizaine de secondes, faire une tirée de plus ou moins vingt centimètres. Si rien ne se passe, on ramène et on tente un nouveau poste.

Petit assortiment de plombs poire.
Crédit photo : Erwan Balança

Première touche et belle bagarre

Il faudra faire preuve d’un peu de patience, comme bien souvent à la pêche pour obtenir une première touche, mais le spectacle en vaut la peine ! J’effectue un ferrage qui aurait pu arracher l’un des arbres de la berge ! En effet, à la touche, il faut tirer très fort sur les premiers mètres pour sortir le poisson de son repère. Plus le pêcheur tire fort et vite sur la ligne, moins le sandre va avoir le temps de comprendre ce qui se passe. Alors, lorsqu’il va commencer à s’énerver, il sera en pleine eau, et gérer le combat est beaucoup plus simple sans avoir le risque que la ligne se prenne dans les branches. En effet, le combat doit être rondement mené et il ne faut pas laisser beaucoup de répit au sandre, qui évolue sous la surface. C’est une habitude à prendre, un peu comme on le ferait pour sortir un gros black-bass des racines !

Un premier poisson qui porte des traces d’attaques.
Crédit photo : Erwan Balança

Malgré ses rushs puissants et ses coups de tête vigoureux, nous voyons bientôt un superbe sandre venir en surface. Mais il faudra encore du temps avant de le mettre dans l’épuisette. Il faut dire que c’est un sandre de fleuve, et ici ce sont des poissons avec des nageoires immenses, des athlètes taillés pour nager dans les courants puissants et qui offrent aux pêcheurs des moments de pur plaisir. Nous réalisons une série de photos, et le beau poisson retourne à l’eau. Nous aurons la chance de capturer un joli brochet dans l’heure qui suit. Nous sommes en veine, car sur ce type de montage, les coupes sont fréquentes avec maître Esox. L’aspiration du leurre met le bas de ligne en contact avec les dents tranchantes, et c’est souvent la coupe.

En action au lever du jour, les yeux rivés sur le sondeur.
Crédit photo : Erwan Balança

Un matériel spécifique

Canne : il faut une canne très sensible pour détecter la moindre touche, mais avec une grosse réserve de puissance pour extraire les gros poissons de leur cachette. Une canne longue permet de poser le leurre délicatement et offre une grande amplitude, ce qui permet un ferrage puissant nécessaire pour enfoncer l’hameçon dans la gueule pavée des gros sandres. Une longueur de 2,30 m et une puissance comprise entre 20-80 g sont les caractéristiques idéales pour cette technique. Moulinet : casting avec un ratio de 89 cm par tour de manivelle. Les leurres de type Slugs passent très bien dans les obstacles et ondulent même à l’arrêt. Dans ces eaux teintées, les coloris naturels ou marron sont très bien perçus par les poissons mais, parfois, un peu de flash peut faire la différence. Vous miserez sur des hameçons texans en 3 et 4/0, il faut des hameçons très piquants et solides qui ne s’ouvrent pas sur la première partie du combat. Tresse : 8 ou 10/100 avec un bon bas de ligne en fluorocarbone de 30 lbs toujours pour pouvoir extraire les poissons en force. Le montage est terminé par un plomb en forme de poire spécialement prévu pour cette technique de pêche. Cette forme de plomb est idéale, car elle ne roule pas sur le fond et se stabilise mieux, évitant de nombreux accrochages. En fonction des postes, un grammage compris entre 7 et 10 g conviendra bien.

Le heavy drop shot permet la recherche spécifique de beaux spécimens en fleuve comme en lac.
Crédit photo : DR

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