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Le poisson-nageur coulant : l'arme fatale pour la truite ?

Les décorations proposées par les marques sont très étendues. Les plus imitatives sont à privilégier.

Crédit photo Damien Ruesa
Disponible depuis une vingtaine d’années dans la panoplie du pêcheur de truite, le poisson-nageur minnow coulant est devenu aujourd’hui incontournable, au point que certains l’utilisent quasi exclusivement. Est-il pour autant le leurre miracle dans tous les types de cours d’eau ? Pas si sûr !

Avec leur capacité à pêcher creux, les poissons-nageurs coulants se sont imposés comme de redoutables machines à piéger les farios de rivière et ont littéralement supplanté les poissonsnageurs suspending et flottants. Véritables stars des catalogues et des Salons, déclinés en une myriade de coloris, ils font rêver les pêcheurs de la nouvelle génération… et les moins jeunes. Le minnow coulant est-il une arme fatale à posséder absolument ou une success story commerciale ?

Bien adapté aux rivières moyennes, ce poisson nageur se lance facilement à ras des obstacles et descend rapidement.
Crédit photo : Thierry Bruand

Un modèle coûteux

C’est un leurre bien identifié, qui se caractérise par une petite taille (3 à 8 cm), une bavette courte et peu inclinée, un corps effilé légèrement aplati, des coloris souvent très imitatifs et une densité plus ou moins coulante (slow ou heavy sinking). Il est la plupart du temps silencieux ou, si vous préférez, non bruiteur. Même s’il peut être utilisé en lancer-ramener, il s’anime principalement à l’aide de petits coups de scion et offre une nage extrêmement saccadée. Il est plutôt associé à la pêche en rivière rapide bien qu’il ne démérite pas en eaux plus calmes (dans les lacs de montagne par exemple). En dehors de quelques rares références (Caperlan, Gunki), c’est leurre relativement coûteux, 18 € en moyenne soit quand même près d’un cinquième du prix de la carte de pêche annuelle ! Il a tendance à être sous-exploité par les pêcheurs qui hésitent parfois à le laisser descendre – alors que c’est son principal intérêt –, ou à l’employer dans les postes scabreux pourtant les meilleurs. Est-il donc bien utile d’investir dans quelques-uns de ces précieux objets ou peut-on s’en passer ? Pour répondre à cette question, il faut raisonner à mon avis par type de parcours en le mettant en balance avec les autres catégories de leurre. Rappelons enfin que ces leurres reçoivent très souvent de magnifiques finitions avec des coloris très aguichants… pour le pêcheur ! C’est souvent d’ailleurs leurs premières proies.

En ruisseau boisé ou de plateaux : peu utile

Dans les ruisseaux de plateau d’altitude le minnow coulant peut prendre des poissons mais il est loin d’être l’arme absolue justement car il coule trop dans ces milieux à la profondeur faible et régulière.
Crédit photo : Thierry Bruand

Généralement étroits et peu profonds, avec peu de blocs, ces ruisseaux à faible dénivelé sont peuplés de farios souvent modestes qui se cachent surtout sous les berges ou dans l’abondante végétation. Ces parcours exigent donc des leurres de petite taille qui se mettent très rapidement en action. Et cela d’autant plus que dans ces biotopes où les proies terrestres (insectes arboricoles, sauterelles) sont abondantes, les truites tapent souvent à l’impact. Dans ce contexte, le minnow coulant peut s’en sortir mais n’est pas l’option la plus évidente même dans sa version miniaturisée. Il est assez peu adapté à la prospection dans les couloirs d’herbiers. Il a bien moins d’intérêt pour les pêches aval qu’un leurre flottant ou suspending que l’on peut laisser partir au fil du courant et ramener au ras des bordures. Il est aussi moins discret qu’un micro-souple et, surtout, il demande quelques secondes et coups de scion (souvent de trop !) pour produire son effet. Enfin, pour une raison que j’ignore, il est loin d’être l’arme absolue pour les ombles de fontaine peuplant parfois les ruisseaux de plateaux d’altitude et qui sont beaucoup plus faciles à prendre avec des petites créatures. Il peut au final éventuellement offrir un stimulus différent et faire craquer une belle fario, trop méfiante pour se jeter sur une tournante à la nage régulière, mais c’est rarement mon premier choix.

En petit ou gros torrent : incontournable

Le torrent est le milieu par excellence du minnow coulant car il y a des blocs, des fosses et des truites territoriales !
Crédit photo : Thierry Bruand

Associés aux secteurs de montagne, ces cours d’eau de taille variable mais à forte déclivité ont comme principal point commun d’offrir des faciès en « escaliers » avec des successions de fosses, de nombreux blocs ainsi que des eaux oxygénées et turbulentes. Royaumes du pêcheur au toc, ces parcours sont tout à fait praticables aux leurres durs quand les eaux ne sont pas trop froides. La prospection se concentre alors généralement dans les amortis et les recoins. Elle doit être insistante et se faire bien à fond pour forcer les farios à sortir de leur cache profonde. Dans ce cadre-là, le minnow coulant, notamment dans sa version « flat » (voir encadré), est absolument redoutable et surpasse régulièrement la cuillère tournante, qui passe souvent trop haut, et les poissons-nageurs à faible densité, qui n’ont pas la place pour se mettre action. Par sa capacité à percer rapidement les courants de surface, à rester attractif lors de la descente, ce qui n’est pas le cas d’une tournante, et à agresser les farios, il fait la différence. Le comportement très territorial des truites de torrent, souvent un individu par trou, renforce encore l’efficacité du minnow coulant qui imite très bien une truitelle. A priori, l’ondulante et le petit shad, moins onéreux, qui ont eux aussi la capacité à pêcher creux et en phase descendante, pourraient être une bonne alternative au minnow coulant, notamment en gros torrent où il est parfois difficile d’aller chercher un leurre coincé. La première est toutefois handicapée par son caractère peu imitatif et le second par sa matière plastique assez répulsive sur les farios.

Les flat minnows

Avec leur silhouette aux flancs très comprimés latéralement, on peut considérer qu’ils sont une sous-famille des minnows coulants. Le D-Incite de chez Smith, avec son corps très plat, en est l’archétype et mon poisson-nageur favori. Citons aussi le Flat Tricoroll Illex ou le Flat Phoxy Minnow Sakura. Moins imitatif que son proche cousin car les petits poissons de rivière ont généralement des corps assez ronds (vairon, truitelle, goujon, chevesne), le flat minnow possède deux avantages: un effet vibrant accentué et une meilleure capacité à se maintenir dans les veines d’eau puissantes et rapides. C’est la raison pour laquelle il a tendance à détrôner les coulants classiques dans les boîtes des amateurs de salmonidés.

En rivière moyenne : précieux

Dans les fosses, ce poisson-nageur peut aussi s’animer canne haute en le laissant couler après chaque traction, un peu à la manière d’une ondulante
Crédit photo : Thierry Bruand

C’est la catégorie de cours d’eau la mieux représentée sur le territoire mais également celle où la pression de pêche est la plus forte. Après des décennies de réussites insolentes pour la cuillère tournante, les poissons-nageurs coulants, plus polyvalents que les flottants et les suspending, sont venus offrir d’autres vibrations dans les rivières de première catégorie, relançant la pêche de la truite, notamment auprès de la nouvelle génération. Si le minnow coulant ne fait pas systématiquement la différence dans ces rivières très fréquentées, il offre incontestablement une alternative et donc une complémentarité. Dense et compact, il se lance mieux à distance et sur la berge d’en face que les poissons-nageurs à longue bavette. Il est souvent plus efficace que la tournante dans les zones profondes où il offre davantage de possibilités d’animation au ras des obstacles. Toutefois, même en le ramenant canne haute, il est logiquement plus en difficulté dans les zones peu profondes, car il peine à se maintenir à la même hauteur, contrairement à la cuillère qui s’appuie sur l’eau. Les coulants lents peuvent alors être la solution. Mais, dans ce cas-là, il entre en concurrence avec le suspending qui offre la possibilité de faire des pauses.

En grande et très grande rivière : dispensable

Le poisson-nageur minnow coulant, comme ici ce D-Coax de Smith, a supplanté les autres leurres dans le cœur de nombreux pêcheurs.
Crédit photo : Damien Ruesa

Dans ces milieux immenses, les minnows coulants de 6 à 8 cm ont de sacrés atouts à faire valoir par rapport à la grosse cuillère tournante : ils se lancent un peu plus loin et tirent surtout beaucoup moins quand on les ramène. C’est loin d’être négligeable en termes de confort de pêche, surtout dans un contexte où les touches sont rares et où il faut souvent ratisser. Le problème est que l’on perd nettement plus de leurres dans ces types de parcours que dans ceux cités précédemment. C’est une donnée à prendre en compte ! Un, deux, voire trois leurres à 20 euros perdus dans une journée c’est quand même un peu rageant, et surtout cela n’incite pas à pêcher sereinement. C’est pourquoi la cuillère ondulante moins onéreuse est une option plus intéressante. Elle fournit moins de résistance quand on fait du lancer-ramener que la tournante. Véritable missile, elle se lance encore plus loin que le minnow coulant à poids équivalent, tout en offrant des possibilités d’animation relativement proches.

Quatre astuces pour ne pas le perdre

  1. Ne pas descendre en dessous du 16/100 voire du 18/100 pour la pointe. Contrairement aux petites cuillères tournantes et micro-souples qui s’expriment mieux sur les fils fins, le minnow coulant assez lourd, même dans sa version miniature de 3,5 cm, supporte assez bien un Nylon relativement fort.
  2. Privilégier toujours les waders plutôt que les cuissardes, même si les niveaux d’eau ne l’exigent pas au niveau de la prospection. Ils permettent d’aller le récupérer plus souvent en cas d’accrochage.
  3. Limiter les points de faiblesse sur la ligne : soigner particulièrement les nœuds, éliminer les agrafes et refaire le bas de ligne à la moindre écorchure. Penser aussi à serrer votre nœud d’attache sur la partie lisse de l’anneau brisé et non au niveau du creux qui crée de l’abrasivité.
  4. Modifier l’armement pour abaisser les risques d’accroche : un seul triple, deux simples, voire un seul simple pour les plus petits modèles

Truite prise avec un flat minnow
Crédit photo : Thierry Bruand

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